En guise de Saint-Valentin / Not your typical Valentine

Pour faire contre-poids aux boîtes de chocolat en forme de coeur, et autres gadets un peu trop sucrés ...  / Not your typical St-Valentine's celebration : an offering to counterbalance all those heart shaped chocolate boxes and other sweets.

Vous trouverez ici My Funny Valentine, chanté par Jack Kerouac, grand amateur de jazz, dont le roman culte Sur la route (On the road) a été publié il y a 50 ans cette année.  / You will find here a recording of My Funny Valentine, sung by Jack Kerouac, a real fan of jazz, and who published 50 years ago this year the emblematic novel On the road.

Radio

Cette chanson, quel qu'en soit l'interprète, est toujours touchante, envoûtante, à la fois triste et joyeuse. / No matter who sings this song, it always has something haunting, something sweet, someting sad.

Origine de l'enregistrement / Source of the recording :

Jack Kerouac and Neal Cassady Tapes : In the early 1950s, Jack Kerouac lived with Neal and Carolyn Cassady in northern California. Before Jack arrived, Neal had purchased a new tape recorder hoping he and Jack could send tapes back and forth to each other as an alternative to their frequent letter writing. Once Kerouac moved in, they would often amuse themselves recording their conversations or reading aloud to each other from various books. Cassady's widow, Carolyn, says the recorder was rolling all the time, but they could only afford a few reels of blank tape, so they would often record over earlier recordings. Of all the recordings they made, Carolyn Cassady retains only a 15-minute fragment. She told NPR's Renée Montagne the tape was recorded in 1952 at their home in San Jose. Recording courtesy of Carolyn Cassady. Source : NPR.org

Crédit photographique / Photo source : Jack Kerouac listening to himself on the radio, New York City, 1959. Photo taken by John Cohen.

La grande purge / Thoughts on moving

Le grand ménage et le grand tri qui précèdent un déménagement dans un logis qu'on a habité plus d'une décennie n'est pas sans risques. C'est comme faire le grand ménage de sa vie. Il y a tout ce qu'on a conservé jusqu'à aujourd'hui parce que ça nous rappelle quelque chose du passé. Il y a tout les objets qui nous servent dans le quotidien. Puis tout ce qu'on a en plan, les 'projets', les 'en cas', et autres projections dans le futur. Quand vient le temps d'élager, chaque catégorie, passé - présent - futur, comporte ses difficultés. Pour le nécessaire - les trucs utilitaires du présent - on s'entend : on a toujours trop de tout. Il faut voyager léger. Et le déménagement est une épreuve salubre : largons !  Pour le passé, c'est plus compliqué. Il faut se remémorer la chose qui justifie encore la présence de tel ou tel objet dans notre vie. Puis décider si la chose est vraiment nécessaire, ou si la mémoire ne fera pas le travail tout seul, sans support ... Pourquoi a-t-on si peur de ne plus se souvenir ? Notre identité va-t-elle s'évaporer si on oublie ? Sommes-nous la somme de nos souvenirs ? Ces souvenirs ont-ils besoin d'un support physique, un objet, pour exister ? Angoisse existentielle à laquelle je n'ai pas de réponse. Pour le futur, tout ces trucs, ces livres, ces notes, qu'on a pour tel ou tel projet, il faut bien être réaliste : nous ne vivons pas 200 ans. Il est donc mathématiquement impossible de réaliser tout ça. Nouvel élagage en vue. Voilà, c'est à ça que je m'occupe pendant que je déserte le blog; perdue dans mes pensées et dans la poussière.

(En faisant ce ménage, je n'ai pu m'empêché de repenser au grand classique de Georges Pérec, Les choses, et sa critique oh combien visonnaire de notre univers de consommation ...)

Trois disques, retrouvés pendant ce grand barda, et que j'écoute pendant ma corvée, les fantômes me semblant tout indiqués :

Byrne My life in the bush of ghosts des Talking Heads et David Byrne. Si avant-gardiste, si unique. Des années-lumière au devant de nous au moment de sa sortie. Le même choc esthétique que lors de la première audition de Walking and falling de Laurie Anderson.

Comeau Hungry ghosts de Frederic Gary Comeau, une voix à mi-chemin entre Leonard Cohen et Rufus Wainwright. Envoûtant. À écouter en boucle.

Springsteen_1 The ghost of Tom Joad de Bruce Springsteen. Parolier, 'lyricist' de génie s'il en est un pour moi dans la langue américaine.

Here are three cds that I am listening to while I sort, clean and pack for the move ahead. This is the first time that I have stayed in the same place for so long. And I can honestly say that a move once a decade is not enough. You gather just too much stuff in one place when you don't move. All the things you hang on to, for the memories, as though if getting rid of them would make your memories go away, vanish in thin air... And then the things we use daily, always too much stuff. And the projects, stuff and books for things to come, in a futur you imagine always more productive than it will ever be, and longer too. Because there is just no way I'll ever find time in my life to tackle so many things. So, these are my thoughts as I sort, clean and pack, head buried in the dust, and thoughts wandering between the past and the future, all this while the ghosts of Byrne, Comeau and Springsteen keep me company.

Film fétiche / Cult movie

Sacrifice J'ai déjà mentionné ma fascination pour le film Le Sacrifice (1986) de Andreï Tarkovsky. Cette fascination a été une fois de plus ravivée à l'écoute du disque Nostalghia - Song for Tarkovsky de François Couturier porté à mon attention par Tanguy Dohollau que je remercie ici à nouveau.

D'abord, il faut rappeller que la bande sonore originale du film de Tarkovsky n'est pas disponible pour le moment. L'on peut trouver toutes les références des pièces musicales utilisées dans le film sur le magnifique site Nostalghia, un site qui est en soi le plus magistral hommage rendu à l'oeuvre de Tarkovsky.

L'oeuvre musicale de Couturier est tout à la fois une sorte de trame sonore personnelle pour le film de Tarkovsky et un hommage pour cette oeuvre du cinéaste russe.  Les qualités de la musique de Couturier sont ici multiples : narrative, tantôt lyrique, tantôt hypnotique, presque zen, toujours complexe, parsemée de références à d'autres univers musicaux (ex.la musique classique), etc. Piano, violoncelle, accordéon, saxophone : la chimie fonctionne à merveille autant lorsqu'il s'agit de la partition de Couturier que lorsque le travail musical est improvisé avec brio par la brochette de musiciens réunis par Couturier.

Le spectre des émotions auquel nous convie Couturier est large, tout comme il l'était dans le film de Tarkovsky. Mais ce qui m'a particulièrement impressionné à l'écoute, c'est que Couturier, bien qu'il nous invite à partager cette trame musicale de son cru, laisse entièrement place à notre propre vision du film. Comme si la musique de Couturier créait une sorte d'environnement musical pour notre propre rêverie. Équilibre magique que je ne saurais expliqué.

PS Le dos est encore k.o. Et le déménagement ? Un chaos que j'essaie de dompter. Merci à tous pour vos bons mots d'encouragements. Cette note sur Le Sacrifice n'est pas totalement fortuite. Certains d'entre vous - fort perspicaces - auront observé dans une photo qui a parue antérieurement sur ce blog, que je possède l'affiche du film, format affiche de cinéma (i.e. format géant), et le déplacement d'une telle affiche constitue tout un défi dans le déménagement à venir qui se fera vraisemblablement dans des conditions hivernales !

Fournier

I have already mentionned in this blog my total fascination for the Tarkovsky movie Offret (1986). This fascination was once more revived by listening to the incredible music pieces of François Couturier regrouped under the title  Nostalghia - Song for Tarkovsky, a cd brought to my attention by Tanguy Dohollau that I would like to thank here once again.

First, it must be said that even today, the musical score of the movie is still unavailable to the greater public. But anyone who wants to listen to most of it can gather the references by going to the extraordinary website Nostalghia, a website that has to be the most magnificent tribute to Tarkovsky's works.

Couturier's work, is both a sort of personnal musical score of the Tarkovsky movie by the Russian filmaker, and a tribute to this movie. Numerous are the qualities of Couturier's work : narrative at moments, lyric and almost zen like at times, complexe, and filled with references to other musics, classical music to name one.

Piano, cello, accordeon, saxophone : the chemistry works wonderfully wether the musicians are playing Courutier's creation or doing some improv.

The range of emotions created is wide, just as it was in Tarkovsky's movie. But what really impressed me with Couturier's music pieces was that although we are invited into his vision, he leaves us plenty of room to unfold our own vision. A sort of magical balance that I can't explain.

PS The back is still a wreck. As for the moving, well, aren't all moves pure chaos ? Thanks to everyone for your kind and encouraging words. My mentionning of this movie at this point is not only the product of coincidence and my listening to the cd. As some of you who are particularly good observers have noticed in a picture posted previously in this blog, I own a copy of that movie poster, giant size, taking up an entire wall of a room, and this item is turning into a little logistic nightmare in the move that will be done in winter conditions !

Émissaire du silence / One who makes me notice silence

Après avoir lu la note de Pete McGregor portant sur le silence sur Pohanginapete - un site tout à fait exceptionnel - j'ai réfléchi aux sons qui me permettent moi de pleinement prendre conscience du silence quand je suis à la campagne. Et le son qui me signale le mieux le silence, qui en dessine les coutours parfaitement est le chant solitaire et tout simple, six notes en tout, du bruant à gorge blanche (zonotrichia albicollis). C'est un chant magnifique que le bruant répète à plusieurs reprises, en laissant planer le silence entre chaque appel. Je l'entends à l'aurore, à la brunante, ou même en soirée, quand tous les autres oiseaux se sont tus. Parfois aussi les jours maussades ou froids, il est alors le seul à pousser son cri, à laisser planer son chant dans la bruine de la pluie. C'est un chant associé à la forêt boréale, et on l'entend assez régulièrement, mais je ne m'en lasse jamais. (J'ai mis un échantillon de son chant plus bas dans cette note).

While reading Pete McGregor's piece on silence on his absolutely magnificent blog Pohanginapete, I realized that the sound that makes me most appreciate silence, that litteraly draws its contours for me is the call of the white-throated sparrow (zonotrichia albicollis). His song or call is very simple, usually 6 notes, but yet beautiful, haunting. Specially since this sparrow repeats it over and over, but with some silence in between the calls. Common and very much associated with the boreal forest, I never tire of it. Often times, I will hear him early in the morning or late at night, when all the others birds have gone quiet. Or on a rainy day, alone, sending his call to hang in the mist of the rain. (Listen to the sample placed bellow)

Whitethroatedsparrow

Voici un exemple de son chant que j'ai trouvé sur internet. L'on sait que le chant d'une même espèce, d'une région à l'autre, d'un individu à l'autre, peut varier. Ici, en l'écoutant, imaginer une 6e note, plus basse, qui vient clore cette tirade parfaite. C'est la variation que les bruants de notre coin nous font entendre en soirée. Et cette sixième note, plus basse, s'étire en longueur et donne une connotation mélancolique à ce chant. Le matin, le chant ne comporte pas cette sixième note plus basse. Et parfois, deux individus se répondent, et l'on peut très bien voir la différence dans leur chant. S'agit-il de deux mâles défendant leur territoire, ou du mâle et de la femelle, nous l'ignorons,

Here is an example of his song found on the internet. It is a know fact that the song of a same specy may vary from one area to another, from one bird to another. Here, when listening to it, imagine a sixth note, lower, that comes and resumes this song. Just perfect. That's what 'our' sparrows let us hear in this neck of the woods, at night. That sixth note, lower, and giving a definite melancholic note to the song only appears in the evening song. In the morning, it's not there. And at times, we can hear two birds answering one another, with variations in their songs. Is it two males defending their territory or a male and female answering back and forth, we're not sure.

Chants des pâturages / Music of the pastures

Foret_1

[English follows]

Kulning est le nom donné à une forme de chant pastoral, une sorte de chant crié ou appels pastoraux traditionnels et très étranges pour quiconque n'en a jamais entendus. Si vous êtes comme moi fasciné par la voix humaine, peut-être partagerez vous le choc esthétique intense qui fut le mien la première fois que j'ai entendu un exemple de ce chant. C'était en 1986, dans l'extraordinaire film de Andreï Tarkovski, un des mes films fétiches : Le Sacrifice. J'ai vu le film en salle, et ce chant que j'avais entendu, qui est à peine perceptible à certains moments dans le film, m'a pourtant poursuivi longtemps après le visionnement initial. J'ai revu le film quelque fois, en cinémathèque, et chaque fois ce chant était au nombre des éléments qui dans ce film me ravissaient complètement. Il m'a fallut attendre la sortie du film en dvd pour le réécouter à loisirs. Puis j'ai voulu en savoir davantage sur ce chant et ma quête a commencée : quel était donc ce chant mystérieux ? Était-ce un chant, une litanie ? Le premier à répondre à ma question et à me mettre sur la piste du kulning fut le musicien Jan Garbarek. Dans une brève correspondance, il fit mon éducation en me disant qu'il s'agissait d'un chant traditionnel - au même titre que la berceuse - en l'occurence ici un chant suédois qu'il nommait 'cattle call'. Et que ce chant qui me fascinait tant servait à ... rassembler le bétail!  Mon choc esthétique devint un choc culturel. Il existait donc une culture si magnifique où l'on chantait de façon si incroyable, et dans le seul but de réunir le bétail ?
Plus récemment, j'en ai appris davantage sur le kulning. Du Moyen Âge à aujourd'hui, dans les régions de forêts et de montagnes où se trouvent les pâturages d'été, en Suède et ailleurs en Scandinavie, ce chant est presque élevé au rang de langage, servant aux femmes, aux jeunes bergères à communiquer avec leurs troupeaux, puis, entre elles, à s'aviser les unes les autres de la présence de prédateurs pour les troupeaux, ou pour se retrouver, se localiser dans ces vastes étendues puisque ce chant très puissant porte loin, au-delà des vallées et des ravins, et peut être entendu à des kilomètres de distance.

Comme je ne suis pas musicienne, si je dis ici des âneries, qu'on me corrige :  il s'agit d'un chant à la fois de gorge et de tête, mais davantage un chant de tête. Il s'agit - et vous vous en rendrez compte immédiatement - de litanies chantées avec des voix hautes perchées. Certains disent que le chant est purement improvisé, d'autres qu'il y a des formes à apprendre et reproduire. Le chant est intense, puissant et perçant. Il est chanté on pourrait presque dire à tue tête, sans retenue, dans un très haut registre, et sans vibrato. C'est un chant qui techniquement exige une forte pression d'air provenant de derrière les cordes vocales. Contrairement au chant classique, ici le larynx serait relevé, et le son est produit de façon clair et puissante, comme lorsqu'on appelle quelqu'un qui est dehors, presque hors de portée de la voix.

Voici quelques exemples en format mp3. Mon conseil serait de d'abord baisser le volume de votre ordinateur, pour ensuite le remonter graduellement dès le début de l'écoute.

Exemple A (1minute 16 secondes)
Exemple B (30 secondes)
Exemple C (54 secondes)

Je suis reconnaissante à Jan Garbarek d'avoir pris le temps de répondre à une illustre inconnue, ignorante de surcroît. Et à Jan Bielawski du site Nostalghia.com pour m'avoir fait découvrir encore davantage d'exemples de kulning. Chapeau pour le travail formidable que lui et ses compères font sur Nosthalghia, site consacré à Tarkovsky.


Music of the pastures

Paturage

Kulning is an archaic style of singing/cattle call, traditionally employed outdoors in the grazing pastures of Scandinavia from the Middle Ages to this day. Its consists of shepherdess's tunes, calls and tones of enticement, mainly used to keep contact with, and to call the cattle, but also to communicate with other people over long distances. It can be heard far and wide in the forests and in the mountains in the summer pastures. The sound is intense, concentrated and piercing. It is sung with high-pitched voices, at full volume in a vibrato-free high register. Technically speaking, kulning requires strong air pressure from behind the vocal folds. The larynx should be raised compared to classical singing, and the sound should have a clear and forward focus, as when calling for someone outdoors. The music is said to have been developed by young girls who worked hard looking after the cows, alone, and for long period of time. To communicate with one another, to warn for predators and to call their cattle, they used this sort of high-pitched yodelling that could be heard over hills and above valleys.

I first heard that haunting style of singing in 1986, while viewing the extraordinary movie by Andreï Tarkovsky : Le Sacrifice.  From then on, I was on a quest to find out more about kulning. Two people were instrumental in helping me in that quest, probably without their realizing it. First, Jan Garbarek, the swedish saxophonist, who had answered my letter asking about the songs. He is the one who broke it to me : it was nothing but ... cattle call. My aesthetic shock became a cultural shock  : there was in this world a culture that created such magnificent songs to just call the cattle ? And then Jan Bielawski, from Nosthalghia.com, the ultimate website on all things Tarkovsky, who made me discover more examples of kulning. The rest, I found in books and on the web. Some say that kulning is purely improvised and others say there are patterns to learn and reproduce. It is now also used in swedish folk music.

I have provided three short examples of kulning (right above the english portion of my posting). I advise the listener to first lower the volume on its computer and then slowly raise it at the very beginning of the songs.

I hope your awe will be as huge as mine was and still is to this day, twenty some years later.

Poésie, pain quotidien

Desjardins Au début de sa carrière, certains critiques on reproché à Richard Desjardins sa langue. J'ai oublié qui a dit : écrire, c'est trouver sa langue dans la langue. Et c'est ce que Richard Desjardins réussit magnifiquement et tout naturellement. C'est un travail périlleux de s'aventurer hors des balises de la langue commune, tordre sa langue, lui faire dire un maximum, tout en demeurant compréhensible, préhensible, accessible et terriblement vrai.

On m'a oublié

Paroles et musique de Richard Desjardins
tiré de l'album Les Derniers Humains, 1988.


Un clin d'œil que l'on ose,
"How are you bloc de fer?"
Le type et son papier rose
devant le fonctionnaire.

Une femme abandonnée
à l'orée du climax.
La chanson terminée,
on remballa le saxe.

On m'a oublié.

Un perroquet fané
dans l'back-store du pet-shop.
Les amoureux cernés
dans un champ de gyprock.

Le client dans le club
inversant le destin
Les passagers du tube
à cinq heures du matin.

On m'a oublié.

Un poupon rêvassant
près de l'étang chimique.
Une abstraction du sang
sur l'écran cathodique.

Le patron du réel
qui switche à Pepsi.
Le kid dans la ruelle
entre les mains d'un psy.

La pluie sur Andromède
l'horizon dans une craque.
Le barrage qui cède
dans une époque opaque.

On m'a oublié.

Un rouge, un jaune, un noir
sous la loi du Yankee.
Au fond de l'univers
un arc-en-ciel kaki.

La gogo obligée,
même quand la place est vide.
Androïde naufragé,
au pied de l'an deux mille.

Comme l'âme d'un chien
sucée par la marée.
Quand il n'avait plus rien,
ni chienne pour s'amarrer.

On m'a oublié

Desjardins est un poète qu'on oublie pas. Ces mots ne nous lâchent pas une fois qu'on les a entendus. Ils résonnent en nous longtemps après la première audition, qui est toujours comme un choc. Desjardins nous offre, comme le dit si bien Jean-Michel Maulpoix, une présence au monde (...) au plus près des choses.

Pour qui souhaite connaître davantage Richard Desjardins, la Société Radio-Canada a mis en onde une très belle série de quatre émissions radiophoniques dont on peut écouter des extraits en ligne.

Solace II / Bookend

Cette entrée du blog fait suite à une précédente (Solace). / This post is the bookend of a previous one : Solace.

J'ai terminé la lecture d'un ouvrage presque toujours inclus dans LA liste de titres à lire si l'on s'intéresse au "nature writing" : The Solace of Open Spaces, une oeuvre de Gretel Ehrlich qui est véritablement une ténor comtemporaine du genre. Si sa vision du Wyoming des années '70 me semble parfois un peu trop me rappeller les aventures du  'Capitaine Bonhomme'  (désolée pour la référence très québécoise ici); mise à part cette tendance aux "tall tales", chaque fois que Ehrlich nous livre une véritable méditation sur ce monde - non pas les personnages et leurs exploits - mais la substantifique moëlle de leurs vie dans ces lieux uniques, et par extension de toutes vies humaines - elle plane très haut et elle parle très juste, poésie en prime. Je me tais ici et je laisse place à sa voix. Malgré que cet extrait parle de l'automne, il me semble que le printemps se qualifie parfaitement dans ce qu'elle évoque par la 'conjugaison des saisons'.

Automne4_1 Autumn teaches us that fruition is also death; that ripeness is a form of decay. The willows, having stood for so long near water, begin to rust. Leaves are verbs that conjugate the seasons.

Today the sky is a wafer. Placed on my tongue, it is a wholeness that has already disintegrated; placed under the tongue, it makes my heart beat strongly enough to stretch myself over the winter brilliances to come. Now I feel the tenderness to which this season rots. Its defenselessness can no longer be corrupted. Death is its purity, its sweet mud. (...).

Gretel Ehrlich
The Solace of Open Spaces

C pour/for Cohen

I've spent yesterday working with Leonard Cohen's music in the background. Cohen is more than a songwriter and music writer, more than a poet. It's an ecosystem, it's a planet, it's an entire universe. Cohen first grind - the old albums - or latest finds, he is always such a master. A planet worth visiting and revisiting, over and over again. The voice, unique. The music, with it's obsessive quality to it. The lyrics that haunts you even after just the first run. If I'm sometimes irritated by the man and his personae, I am always immensely impressed and admirative of the talent and the know how of the artist. In my book, Cohen is in a class by himself. Long live Cohen and his Work.

Official website / Site officiel
The Leonard Cohen Files
Bird on a wire
et un site en français

CoveralbumJ'ai travaillé toute la journée vendredi avec la musique de Leonard Cohen en arrière-plan. Des pièces de toutes les époques. Cohen, c'est plus qu'une oeuvre, c'est un écosystème, c'est une planète, c'est un univers. C'est multicouches. C'est une chambre d'écho. Une voix unique, plus grave d'album en album. Des musiques obsédantes. Des paroles qui résonnent et nous hantent longtemps après les avoir entendues. En amont ou en aval : Cohen première manière, Cohen récent, Cohen errant, Cohen boudhiste, c'est un tout à visiter et revisiter. Si l'homme et le personnage parfois m'irritent, l'artiste n'a de cesse de m'émerveiller, de me surprendre, de me ravir. Immense talent. Immense savoir faire. Plus que poésie. Longue vie au Poète et à son Oeuvre.

Petit bonheur de fin d'après-midi

Amadoumariam

Entendu dans une ... cuisinerie du Marché Jean-Talon - of all places!

Il m'arrive parfois, en matière de musique, d'avoir plus d'un trains de retard. Petu-être que que tout le monde connait ce cd, ce groupe. Mais pour moi, c'est une découverte :
Amadou et Mariam : Un dimanche à Bamako.
Hautement contagieux. Et on en redemande.

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