J'écoute pour la ènième fois l'album Badlands - A tribute to Bruce Springsteen's Nebraska (2000). J'ai aussi l'album original Badlands (1982) par Springsteen lui-même. Mais c'est la reprise, l'hommage, par une douzaine d'artistes de tous les horizons musicaux qui me fascine complètement.
J'écoute cette musique, ces chansons depuis leur parution. Et j'ai rarement autant savouré le génie de Springsteen comme auteur, comme parolier. Ces textes là sont des bijoux. L'art de faire court - et dieu sait que la chanson populaire est une forme brève - est périlleux. Et dans la plupart de ces chansons, Springsteen répète le même tour de force. Dès les premiers vers, les quelques lignes d'ouvertures, on sait exactement à qui on a affaires et quel sera le destin de cette figure tragique de l'Amérique profonde. J'ai beau réécouter ces chansons depuis plus d'une décennie, elles continuent d'exercer sur moi leur fascination de petits chefs d'oeuvres, de bijoux ciselés, tout en ayant l'air de rien. Du grand art.
Peut-être n'est-ce pas complètement fortuit que j'ai choisi d'écouter Badlands aujourd'hui. Un peu le vent et le froid, le ciel gris. Quelque chose de cette grisaille là. Mais aussi parce que cet art de la forme brève me tarabusque depuis quelques jours. Je viens de terminer la rédaction d'un texte pour le catalogue qui accompagnera une exposition de photographies. Une commande. Décrire le travail d'un photographe dont j'admire le travail, et ce en trois cents mots. J'ai mis trois jours à tenter de réduire trois pages d'idées, de textes, en quelques lignes. C'est que c'est tellement plus difficile de faire court que de faire long. Alors, Springsteen et sa maîtrise de la forme brève, je lui lève mon chapeau.
For a few days now, I have had this one cd on 'repeat all', Badlands - A tribute to Bruce Springsteen's Nebraska (2000). I also have the original album, Badlands
(1982) by Springsteen himself. But it is the cover album that fascinates me completely. I have heard those songs over and over for as long as I have owned those two cds. But I have seldomly appreciated so well the true feat that it is to write short pieces. And songs are short pieces. Springsteen, in Badlands, as in other albums, The ghost of Tom Joad to name another one, masters that art supremely. Within the first few sentences, sometimes just one line, we know not only who we are dealing with, but what awaits this tragic figure. Each song a real jewel of his craft as a lyricist, as he keeps it short, and yet delivers something rich and powerful.
Think of it, my pick of Badlands as a musical background was not completely random. The bad weather we are going through, high winds, cold, grey skies might account in part for the pick. But mainly the fact that these last three days, I have been toiling a text, trying to reduce to a few sentences three full pages of ideas about a photographer that I admire greatly. The text is commissioned. It will introduce his photographs in the catalog of an upcoming show. And it is so hard to say a lot in so little words. So Mr.Springsteen, hats off to you.












