Depuis deux ou trois semaines, j'essaie d'écrire sur quelque chose qui m'habite et qui ne me lâche pas, mais je n'y arrive pas. C'est une histoire toute simple, mais douloureuse. Une histoire de mémoire, de tradition, de filiation, de coeur. Une histoire avec un petit h. Une histoire où l'anectode, l'incident, à la qualité des histoires universelles. Où le privé est tout à fait politique. Vous voyez, je tourne autour. Cette histoire ne parvient pas à se crystaliser dans une forme, et elle ne trouve pas son ton non plus. Alors, plutôt que de m'acharner dessus, j'y reviendrai plus tard. Entre temps, je me tourne vers la photographie qui elle dit de façon plus immédiate ce qu'elle a à dire. Aussi, dans l'intervale, je me régale du très beau numéro spécial du Magazine littéraire intitulé '40 ans de littérature' (No.459, décembre 2007) et où j'ai retrouvé les propos de plusieurs écrivains et écrivaines que j'aime dont ceux de Julien Gracq tirés de son très bel essai intitulé En lisant en écrivant :
Un livre naît d'une insatisfaction, d'un vide dont les contours ne se révèleronts précis qu'au cours du travail, et qui demande à être comblé par l'écriture. Donc d'un sentiment absoluement global, sentiment qui se colore d'emblée de projet. Ce qui fait que les parties sont d'abord dans le tout et ne s'en différencient qu'ultérieurement, au cours du travail. Dans la conception d'un livre, on trouve d'abord, et on cherche après; c'est en quoi le mot de Picasso me semble très juste. Et c'est ce qui fait aussi que le pourquoi n'est jamais un état d'esprit d'écrivian.
Julien Gracq
En lisant en écrivant
je me délecte de ce numéro depuis sa sortie...
Umberto Ecco
et
Yves Bonnefoy
et Perec
voilà
les articles que je relis sans cesse
cette revue est distribuée par chez toi ?
Rédigé par: prumtiersen/Immemory | mercredi 07 mars 2007 à 14:04
Bonnefoy et Perec sont aussi parmis mes favoris. Ou, cette revue est distribuée au Québec. Aussi loin que je puisse me souvenir, même quand j'étais au collège (ce qui remonte à la dernière glaciation!). Et de regarder cette édition anniversaire, c'est littéralement comme remonter dans le temps. On voit un no thématique, ou sur un auteur, et ça nous reporte à l'époque où on l'a lu. C'est fabuleux.
Rédigé par: Suzanne | jeudi 08 mars 2007 à 11:26